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Montréal, mercredi 14 septembre 2005

Radio satellite par abonnement
Le milieu culturel québécois consterné par la décision du gouvernement

Les dix regroupements d’auteurs, d’artistes et d’entreprises culturelles* qui en avaient appelé de la décision du CRTC dans le dossier de la radio satellite se disent profondément déçus que le gouvernement fédéral ait finalement entériné la position du CRTC.

Vendredi dernier, en effet, le conseil des ministres a décidé de maintenir la décision du CRTC d’octroyer aux entreprises Sirius Canada et CSR des licences de sept ans pour l’exploitation de services de radiodiffusion par satellite au Canada. Cette décision vient mettre un terme à une campagne de lobbying intensive où les intérêts des entreprises concernées – non seulement les deux entreprises de radiodiffusion, mais aussi des fabricants  et des chaînes de détaillants d’appareils sans oublier l’industrie de l’automobile – se sont vigoureusement opposés aux préoccupations exprimées par les milieux culturels québécois et canadien.

Le gouvernement, tout comme le CRTC, a donc fait siennes les prétentions des deux radiodiffuseurs quant à l’urgence absolue de mettre sur pied des services de radio satellite par abonnement au Canada, et il a jugé déraisonnable le délai de quelques mois réclamé par le milieu culturel pour mettre en place, préalablement, un cadre réglementaire pertinent.

« On vient de brader trente années d’acquis réglementaires en matière de radiodiffusion au Canada, estime Yves-François Blanchet, président de l’ADISQ. On soustrait les deux entreprises aux obligations adéquates de contenu et de contrôle canadiens qui constituent les piliers de tout le système, et on ouvre une brèche dans laquelle les autres radiodiffuseurs vont vouloir maintenant se précipiter. »

Le regroupement québécois estime que la promesse des deux entreprises d’augmenter leurs contenus canadien et francophone à peine au-delà des niveaux statués dans leurs licences est toujours largement insuffisante et relève du vœu pieux davantage que de l’engagement.  « Comme cette promesse est faite sous réserve des capacités technologiques des deux radiodiffuseurs, elle ne constitue en rien un engagement de leur part quant à la visibilité des cultures québécoise et canadienne sur leurs nouveaux services », précise Gérard Masse, président de la GMMQ. Le milieu culturel estime que le CRTC devrait, au minimum, incorporer a posteriori les maigres promesses de Sirius et de CSR à leurs conditions de licence.

Alain Lauzon, directeur général de la SODRAC, estime quant à lui « qu’il est excessivement paradoxal que le Canada se fasse le champion toutes catégories de la diversité culturelle dans les grand forums internationaux et favorise des entreprises dont le plan d’affaires repose essentiellement sur des infrastructures américaines et sur l’érosion des politiques fondamentales en matière de contenu et de contrôle canadiens. »

Les membres du regroupement québécois remercient tous les députés du Québec et d’ailleurs ainsi que les membres du conseil des ministres qui ont soutenu leur démarche, malgré les accusations de « nationalisme culturel dépassé » dont ils ont fait l’objet. Ils demeurent profondément convaincus que la décision du CRTC contrevient de façon flagrante aux principes fondamentaux de la Politique canadienne de radiodiffusion, et qu’elle crée un précédent dont l’ultime conséquence pourrait être la marginalisation complète du Canada dans sa propre industrie radiophonique.

Ils entendent poursuivre leurs pressions afin de convaincre le gouvernement canadien de refaire ses devoirs et d’établir des politiques culturelles fortes qui tiendront compte de l’accélération technologique fulgurante à laquelle l’industrie canadienne de la radiodiffusion se trouve soumise.

-30-

 

Sources : ADISQ, APEM, APFTQ, ARRQ, GMMQ, SARTEC, SOCAN, SODRAC, SPACQ et Uda.

Contact : Anne Laplante, Annexe Communications, 514.844.8864, poste 203, cell. : 993-7763, alaplante@annexecommunications.com

 * Les dix regroupements sont les suivants :

ADISQ : Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo
APEM : Association des professionnels de l’édition musicale
APFTQ : Association des producteurs de films et de télévision du Québec
ARRQ : Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec
GMMQ: Guilde des musiciens et musiciennes du Québec
SARTEC : Société des auteurs de radio, télévision et cinéma
SOCAN : Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique
SODRAC : Société du droit de reproduction des auteurs, compositeurs et éditeurs au Canada
SPACQ : Société professionnelle des auteurs et compositeurs du Québec
Uda : Union des artistes

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