L’ADISQ DEMANDE AUX PARTIS POLITIQUES DE SE PRONONCER
SUR L’AVENIR DU MILIEU DE LA MUSIQUE AU QUÉBEC
À deux jours de l’entrée en vigueur de la Convention internationale de l’UNESCO sur la diversité culturelle, l’ADISQ a rendu publique, aujourd’hui, son analyse des défis qui attendent le milieu québécois de la musique et du soutien dont celui-ci a besoin pour y faire face.
L’association, qui représente une centaine d’entreprises indépendantes de production et de commercialisation, demande aux leaders des partis politiques actuellement en campagne électorale de faire connaître leurs positions à cet égard.
De préciser Paul Dupont-Hébert, président de l’association : « Nous avons la conviction qu’un soutien au milieu de la musique est sensé à tous points de vue, non seulement pour les artistes et les producteurs, mais aussi pour le Québec tout entier. Nous invitons donc le prochain gouvernement à aider le secteur québécois de la musique dans ses efforts pour investir les nouveaux marchés et, à la fois, investir la scène québécoise.
Relevant que les questions culturelles n’occupent qu’une place marginale dans cette période électorale, la vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ, Solange Drouin, a rappelé que « parmi tous les États engagés dans la grande bataille de la diversité culturelle, le Québec a assumé un véritable leadership mondial. Or, il est évident qu’une volonté de protéger la diversité des expressions culturelles demeure théorique si elle ne se traduit pas par des politiques culturelles conséquentes.
Selon l’ADISQ, le secteur québécois de la musique a besoin d’un renforcement immédiat de son financement public dans ses deux principaux segments d’activité : l’enregistrement sonore et le spectacle.
Enregistrement sonore : installer le Québec
dans la nouvelle économie numérique
L’ADISQ souligne que le Québec commence à « manquer de potion magique » pour résister à la chute tendancielle des ventes de CD qui s’observe à l’échelle mondiale. Il se vend aujourd’hui, annuellement, un million de CD de moins qu’il y a deux ans, au Québec, malgré la popularité des artistes québécois dans leur marché et malgré la campagne de promotion et de sensibilisation menée par l’ADISQ depuis trois ans.
Le Québec n’est pas, pour autant, en train d’effectuer la transition au modèle commercial numérique. Alors que les ventes de musique numérique représentent 11 % du marché dans le monde et même 18 % aux États-Unis, elles ne constituent que moins de 1 % des ventes depièces musicales au Québec. « Nous sommes en train d’assister à la naissance d’une nouvelle industrie à l’échelle internationale, explique Mme Drouin, mais le Québec ne s’est pas donné les moyens d’y prendre sa place. »
L’ADISQ constate que les entreprises de production et de commercialisation québécoises, qui sont chroniquement sous-capitalisées, ne disposent pas des ressources nécessaires pour à la fois se maintenir dans le marché traditionnel, qui génère encore la majorité de leurs revenus, et se positionner adéquatement dans le marché en croissance du numérique.
L’association propose donc l’injection d’une aide publique d’urgence de 3,5 millions $ par année, pendant au moins trois ans, dans le secteur de l’enregistrement sonore. Cet apport de fonds permettra à l’industrie d’investir massivement dans la création d’emplois à haut coefficient technologique, des emplois qui lui font défaut actuellement. Il lui permettra aussi de ramener la part de marché du numérique, au Québec, près de la moyenne mondiale et de créer ainsi un marché en pleine croissance d’au moins 25 millions $.
L’association réclame également une somme ponctuelle de 0,5 million pour établir les besoins et la stratégie à long terme du secteur québécois de la musique face à la nouvelle économie numérique de la musique.
Spectacle : assurer au public de
toutes les régions un accès à ses artistes
Traçant le bilan de la situation du spectacle de chanson au Québec, l’ADISQ constate avec effarement qu’à l’extérieur des grands centres que sont Montréal et Québec, le public ne dispose que d’un accès fort limité à ses artistes.
En 2005, chaque spectacle de chanson francophone n’a été présenté, en moyenne, qu’à 4,2 reprises, une durée de vie qui coïncide dangereusement avec sa période de rodage. Plus dramatique encore, les chiffres de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec révèlent que pas moins de 60 % des spectacles de chanson francophone présentés en 2005 ont fait l’objet d’une seule représentation.
Selon le président de l’ADISQ, Paul Dupont-Hébert, « c’est là bien plus qu’un simple problème commercial. C’est un grave problème socio-culturel. Pour les citoyens de toutes les régions du Québec, la possibilité d’assister à une prestation « live » de nos artistes demeure une possibilité théorique. En conséquence, une grande partie du public est privée d’un accès à l’expression vivante de sa propre culture.
L’ADISQ souligne qu’à l’inverse, nos artistes de la chanson, eux, sont privés d’une possibilité de capitaliser pleinement sur les efforts qu’exige la création d’un spectacle et de se bâtir une véritable carrière artistique. « Les conséquences d’une telle situation, précise M. Dupont-Hébert, sont graves pour les artistes. Elles le sont aussi pour l’industrie de la musique, et elles le sont encore davantage pour la société et la culture québécoises.
L’association souligne enfin que cette incapacité d’offrir une scène adéquate à nos artistes se traduit aussi à l’échelle internationale : alors qu’Internet permet aux artistes québécois d’être connus outre-frontières, des ressources nettement insuffisantes les empêchent d’aller à la rencontre de leur nouveau public.
L’ADISQ propose donc l’injection d’une aide additionnelle de 1 million $ dans le programme d’aide à la tournée nationale et de 1 million $ en soutien à la tournée internationale. En outre, elle estime essentiel de compléter ces mesures de bonification de l’offre par une aide de 3 millions $ par année à la promotion des spectacles. Outre le maintien d’une demande conséquente pour une offre bonifiée, ce soutien aidera les producteurs québécois à compenser la force promotionnelle des productions étrangères et à concurrencer l’offre des autres secteurs de divertissement.
Selon l’ADISQ, ce programme bonifié de soutien au spectacle aura, en outre, un impact économique significatif : il portera de 15 000 à plus de 32 000 le nombre de contrats de travail accordés à des artistes et à des artisans québécois de la chanson chaque année, et de 8,2 à plus de 17 millions $ le montant des cachets versés.
L’ADISQ, l’association québécoise du disque, du spectacle et de la vidéo, a été fondée en 1978 pour travailler à la survie et à l’épanouissement, au Québec, d’une production musicale indépendante, forte, originale et innovatrice. Elle regroupe environ 250 membres.
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Source :
Solange Drouin, ADISQ
Relations de presse :
Elisabeth Roy et Martine Laforce, Roy & Turner Communications
(514) 844-9678
Document à télécharger :
L’industrie québécoise de la musique en 2007 : l’urgence d’agir (PDF)