L'Association québécoise de l'industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (ADISQ) tient à exprimer son inquiétude à la suite du dépôt, aujourd’hui, du projet de loi no.22 à l’Assemblée nationale par la ministre des Affaires municipales et des Régions, madame Nathalie Normandeau, octroyant à la Ville de Montréal un pouvoir général de taxation sur son territoire lui permettant de diversifier ses sources de revenus
Selon l’information obtenue par l’ADISQ, ces nouveaux pouvoirs de taxation, réclamés depuis plusieurs mois par le maire de Montréal, monsieur Gérald Tremblay, permettraient à la Ville de Montréal de taxer les stationnements commerciaux et de mettre en place une « taxe sur un droit d’entrée à un lieu de divertissement » soit de recueillir une taxe sur les billets de manifestations sportives ou culturelles. Le projet de loi déposé aujourd’hui donne le feu vert à de nouvelles taxes
«La mise en place d’une taxe sur les stationnements commerciaux et le retour de la « taxe d’amusement » aurait un effet dévastateur sur l’industrie du spectacle montréalais, » déclare le président de l’ADISQ, monsieur Paul Dupont-Hébert. L’ADISQ demande depuis plusieurs mois une intervention urgente des pouvoirs publics afin de permettre aux entreprises du milieu québécois du spectacle de variétés de relever les nombreux défis auxquels elles font face. « Ces nouvelles taxes auraient exactement l’effet contraire et risqueraient d’éloigner les consommateurs de culture au profit des banlieues » soutient monsieur Paul Dupont-Hébert. L’ADISQ soutient que l’intervention des différents pouvoirs publics doit être cohérente afin que Montréal puisse être reconnue comme une « véritable » métropole culturelle
En effet, le projet du Quartier des spectacles mis de l’avant lors du sommet de Montréal a pris son envol avec l’annonce faite par le maire de Montréal, monsieur Gérald Tremblay, le 6 mars dernier, de la mise en place d’un Plan particulier d’urbanisme (PPU) en vue de contribuer à une vaste transformation du secteur du Quartier des spectacles
L’équipe du PPU, dirigée par Clément Demers qui a mené à bien le projet du Quartier international de Montréal, doit livrer son cadre réglementaire en vue du sommet «Montréal métropole culturelle/ Rendez-vous novembre 2007». Rappelons que l’ADISQ est intervenue dans ce processus afin de s’assurer que les intérêts du milieu du spectacle de variétés et, plus largement, des arts de la scène soient pris en compte tout au long de la réalisation de ce programme d’urbanisme. L’intervention de l’ADISQ vise à assurer l’atteinte des objectifs poursuivis lors de la mise en place du Quartier des spectacles soit celui d’augmenter le nombre de spectacles de variétés, de permettre une plus grande diversité de spectacles, d’augmenter le nombre de spectateurs dans les salles de spectacles et de pérenniser les espaces réservés au festival
De plus, rappelons qu’à la suite des récentes représentations de l’ADISQ auprès du gouvernement québécois, la SODEC a reçu, en mai dernier, une aide supplémentaire ponctuelle pour le milieu de la musique québécoise dont une partie permettra aux acteurs oeuvrant dans le secteur du spectacle de variétés d’améliorer la promotion et à la mise en marché des spectacles de variétés québécois et ainsi être en mesure de mieux concurrencer les nombreuses productions étrangères qui bénéficient d’un battage médiatique et publicitaire international
L’ADISQ reconnaît la pertinence des revendications du maire Tremblay visant à obtenir de nouvelles sources de revenus pour éviter des déficits futurs, mais l’association, qui représente la grande majorité des acteurs oeuvrant dans l’industrie du spectacle, s’inquiète des moyens qui seraient mis en place. « Nous espérons que les consultations prévues à l’automne à l’Assemblée nationale permettront d’améliorer le projet de loi » déclare le président de l’ADISQ, monsieur Paul Dupont-Hébert
« Nous souhaitons que d’autres solutions soient trouvées afin que la Ville de Montréal puisse diversifier ses sources de revenus et équilibrer les finances de la ville au cours des prochaines années mais s’il le faut, nous remettrons sur pied la Coalition des arts de la scène qui, en 1992 avec l’appui de près de 200 000 signataires de pétition auprès du public, avait mené un campagne qui a largement contribué à abolir la taxe d’amusement qui existait à cette époque » mentionne monsieur Paul Dupont-Hébert.
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